Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant, votre conseiller est-il vraiment habilité à tout vous proposer ?

Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant, votre conseiller est-il vraiment habilité à tout vous proposer ?

Bien que le titre de « conseiller en gestion de patrimoine » se soit imposé dans le langage courant, celui-ci reste bien flou pour la plupart des épargnants. Ne bénéficiant d’aucune marque déposée, il se retrouve parfois injustement mis en accusation dans certains scandales. Voici de quoi vous aider à comprendre qui peut vous proposer quoi et comment le vérifier.
Ce que l’homme de la rue ignore, c’est que disposer de vagues connaissances en finance ou en immobilier ne fait pas d’une personne, aussi brillante soit-elle, un conseiller en gestion de patrimoine, a fortiori indépendant. A l’image du médecin de famille, le Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) se doit en effet de disposer d’habilitations pour exercer son métier. Et c’est justement celles-ci qu’il convient de vérifier si l’on souhaite suivre les conseils avisés d’un véritable professionnel. A ce jour, il existe cinq habilitations conférant ou non un statut au professionnel (ou à l’entreprise), lesquelles peuvent être cumulées. La première est celle de Conseil en investissements financiers (CIF). Grâce à celle-ci, votre interlocuteur a la faculté de recommander tous les produits financiers, ainsi que les montages sur biens divers et peut même faire du conseil sur de l’immobilier. Une deuxième habilitation possible est celle de Courtier en assurances, laquelle ouvre la porte à toutes les solutions relevant du code des assurances ainsi qu’aux produits dits de capitalisation. Troisième éventualité, l’agent immobilier porteur d’une carte dite « T », a de son côté toute latitude pour proposer des actifs fonciers bâtis ou non, mais également des parts sociales d’entreprises (il lui faut alors être CIF pour les conseiller) ou bien même des solutions plus singulières comme des fonds de commerce ou des cheptels. Pour sa part, le Courtier en opérations de banque et services de paiements (IOBSP) peut vous aider à trouver un crédit ou un placement bancaire comme par exemple, les comptes sur livret ou les plans épargne logement. Enfin, une cinquième habilitation est réservée aux seuls CIF, à la condition qu’ils disposent de certains diplômes. Il s’agit de la Compétence juridique appropriée (CJA). Grâce à celle-ci, les CGPI peuvent vous aider à remplir vos déclarations d’impôts ou à réfléchir des actes juridiques dès lors que ce service est accessoire à sa mission de CIF. La bonne nouvelle, c’est que ces « compétences » se vérifient d’ores et déjà en ligne sur le site du registre national « Orias » en ce qui concerne les statuts de CIF, IOBSP et courtier en assurances et que ce sera aussi bientôt le cas pour le fichier tenu par les Chambres de Commerce concernant les porteurs de carte T. A cette première vérification d’usage, ajoutons que tout professionnel qui se définirait comme mandataire de tel ou tel autre professionnel n’est pas votre conseiller mais le vendeur d’un tiers.
Si l’habilitation constitue un premier sésame pour vous, sachez aussi que tout bon professionnel se doit de vous donner un document dans lequel figurent ses habilitations, son système de rémunération, ses tarifs et tous les éléments permettant de pouvoir porter une réclamation le cas échéant. Ce document, appelé Document d’Entrée en Relation (DER) ou Fiche d’Information Légale pour nos membres, doit vous être remis dès les premiers instants de votre échange. Fuyez les pseudos CGPI qui oublient de remettre ce document et prenez le temps de le lire. Il dit beaucoup de la personne qui est en face de vous.

A côté des registres nationaux, les associations professionnelles jouent un rôle important et ce, d’autant que la France a choisi de laisser se développer le système de la co-régulation pour certains métiers. Quatre organisations représentent aujourd’hui les CGPI. Celles-ci peuvent permettre de trouver un CGPI près de chez vous mais veillent aussi à les contrôler et à les former. Prenez donc le temps de vous intéresser à la situation de celui ou celle qui vous propose une solution d’épargne, surtout si elle est miraculeuse.

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